Sur cette page
- Est-il risqué de laisser ses cryptos sur une plateforme en 2026 ?
- Que se passe-t-il si une plateforme agréée fait faillite ?
- Qui rembourse en cas de piratage de la plateforme ?
- Que se passe-t-il si une plateforme quitte la France ?
- Comment vérifier une preuve de réserves ?
- Comment protéger son compte sur une plateforme ?
- Quand faut-il sortir ses cryptos de la plateforme ?
- Les stablecoins et les euros laissés sur la plateforme sont-ils protégés ?
- Quelle checklist suivre avant de confier ses cryptos à une plateforme ?
- Questions fréquentes
- Registre des sources
Laisser ses cryptomonnaies sur une plateforme agréée est devenu moins risqué depuis MiCA, mais ce n’est pas l’équivalent d’un compte bancaire. Vos actifs dépendent de la solidité de la société, de sa sécurité informatique et de son accès au marché français. Cette page explique ce que la loi protège, ce qu’elle ne protège pas, ce qu’ont appris les faillites et piratages passés, comment lire une preuve de réserves et à partir de quand il vaut mieux passer à un portefeuille personnel.
Est-il risqué de laisser ses cryptos sur une plateforme en 2026 ?
Oui, dans une mesure qui dépend de la plateforme. Un prestataire agréé MiCA doit séparer vos cryptomonnaies de ses propres actifs et répond des pertes dues à un incident qui lui est imputable. Il reste trois risques : un piratage dont l’indemnisation prend du temps, une faillite ou une fermeture qui bloque temporairement les retraits, et le piratage de votre propre compte par hameçonnage.
| Risque | Plateforme agréée MiCA | Plateforme non agréée | Portefeuille personnel |
|---|---|---|---|
| Faillite du prestataire | Actifs juridiquement séparés, hors d’atteinte des créanciers | Aucune garantie de séparation | Sans objet |
| Piratage du prestataire | Prestataire responsable, dans la limite de la valeur de marché | Indemnisation incertaine | Sans objet |
| Fermeture ou retrait du marché | Plan de cessation ordonnée suivi par l’AMF | Retraits parfois bloqués | Sans objet |
| Hameçonnage, vol d’identifiants | Risque réel, double authentification indispensable | Risque réel | Risque réel (phrase de récupération) |
| Erreur de votre part | Support client possible | Rarement de recours | Aucun recours |
Que se passe-t-il si une plateforme agréée fait faillite ?
L’article 75 du règlement MiCA impose au prestataire qui conserve vos cryptomonnaies de les tenir séparées des siennes, y compris sur la blockchain. Les crypto-actifs conservés sont juridiquement distincts du patrimoine du prestataire : ses créanciers ne peuvent faire valoir aucun droit sur eux, « en particulier en cas d’insolvabilité ». En principe, vous récupérez donc vos cryptos, pas une créance à côté des autres créanciers.
« En principe », car une procédure de faillite prend du temps et l’identification des actifs de chaque client aussi. C’est l’une des leçons de FTX : la plateforme s’est déclarée en faillite aux États-Unis en novembre 2022 et les clients ont attendu des années avant de commencer à être remboursés, en dollars et sur la base de la valeur à la date de la faillite. Notre article anglais sur l’effondrement de FTX et ses remboursements détaille le cas. Les euros que vous laissez sur la plateforme suivent d’autres règles, celles des établissements de paiement ou de monnaie électronique.
Qui rembourse en cas de piratage de la plateforme ?
MiCA rend le prestataire responsable envers vous de la perte de vos cryptomonnaies ou de leurs moyens d’accès lorsqu’elle résulte d’un incident qui lui est imputable, comme un piratage de ses portefeuilles. Cette responsabilité est plafonnée à la valeur de marché de l’actif au moment de la perte. Si la plateforme manque de fonds propres pour payer, la promesse vaut ce que vaut la société.
Le plus gros vol de l’histoire du secteur l’illustre : selon le FBI, environ 1,5 milliard de dollars d’actifs ont été volés à la plateforme Bybit le 21 février 2025, vol attribué à la Corée du Nord (activité nommée « TraderTraitor »). Bybit a couvert les pertes de ses clients, mais toutes les plateformes n’en auraient pas eu les moyens. Le détail de l’attaque est dans notre article anglais sur le piratage de Bybit.
- Mt. Gox (2014) : la plateforme japonaise, alors dominante, a perdu des centaines de milliers de bitcoins ; les remboursements ont pris plus de dix ans.
- FTX (2022) : fonds des clients mêlés à ceux d’une société liée, faillite en quelques jours.
- Bybit (2025) : piratage via la chaîne de signature d’un portefeuille froid, pertes couvertes par la plateforme.
Que se passe-t-il si une plateforme quitte la France ?
Une plateforme qui perd le droit de servir la France doit organiser un arrêt ordonné : vous pouvez en général retirer vos euros et vos cryptos, mais plus acheter. C’est ce qui s’est passé avec Binance au 1er juillet 2026, faute d’agrément MiCA. L’AMF a indiqué qu’elle suivrait de près les plans de cessation des acteurs non agréés, avec la protection des clients comme priorité.
Selon le Journal du Coin, les clients français de Binance pouvaient encore retirer leurs cryptomonnaies et leurs euros, tandis que les positions sur marge et les prêts devaient être fermés ou liquidés automatiquement, avec une échéance au 1er octobre 2026. Le message est simple : si une plateforme annonce son départ, retirez rapidement vers votre banque ou vers un portefeuille personnel, et ne transférez pas vers une plateforme non agréée. Les plateformes qui servent toujours la France sont listées sur notre page des plateformes agréées.
Comment vérifier une preuve de réserves ?
Une preuve de réserves montre qu’à une date donnée, la plateforme détenait sur la blockchain au moins autant de cryptomonnaies que le total des soldes de ses clients. La méthode la plus répandue repose sur un arbre de Merkle : un cabinet indépendant agrège les soldes anonymisés, publie une empreinte cryptographique, et chaque client peut vérifier que son solde y figure.
Kraken décrit précisément la sienne. Sa dernière attestation affichée porte sur le 30 juin 2026, avec des ratios de réserve de 102,9 % pour le BTC, 100,5 % pour l’ETH et 105 % ou plus pour l’USDC, l’USDT et l’USDG. Dans l’application, le menu Compte puis « Proof of Reserves » permet de vérifier soi-même l’inclusion de son solde. Kraken liste aussi les limites de l’exercice : il ne prouve pas le contrôle exclusif des clés privées, ne révèle pas d’éventuels prêts ou nantissements cachés et ne détecte pas une perte postérieure à la date de l’instantané.
- Cherchez une page « Proof of Reserves » officielle et la date du dernier instantané.
- Vérifiez qu’un cabinet indépendant a réalisé l’exercice.
- Utilisez l’outil de vérification pour retrouver votre propre solde dans l’arbre.
- Regardez le ratio par actif, pas seulement un total : 100 % au minimum.
- Gardez en tête que la preuve ne dit rien des dettes de la plateforme.
Comment protéger son compte sur une plateforme ?
La plupart des pertes individuelles ne viennent pas d’une faillite mais d’un compte piraté. Activez la double authentification par application ou clé de sécurité plutôt que par SMS, utilisez un mot de passe unique, activez la liste blanche d’adresses de retrait si la plateforme la propose, et ne cliquez jamais sur un lien reçu par SMS ou courriel prétendant venir du support.
- Double authentification : application d’authentification ou clé physique (FIDO2), jamais le SMS seul.
- Liste blanche de retrait : les retraits ne partent que vers des adresses que vous avez validées, souvent avec un délai de sécurité.
- Usurpation : l’AMF publie des alertes sur des sites qui copient le nom d’acteurs agréés ou de l’AMF elle-même. Tapez l’adresse de la plateforme vous-même.
- Faux supports : aucun service client légitime ne demande votre mot de passe, vos codes de double authentification ou une phrase de récupération.
- Discrétion : évitez d’afficher publiquement le montant de vos avoirs en cryptomonnaies.
Quand faut-il sortir ses cryptos de la plateforme ?
Il n’y a pas de seuil officiel. Une règle pratique : gardez sur la plateforme ce dont vous avez besoin pour acheter ou vendre à court terme, et placez dans un portefeuille personnel ce que vous comptez conserver longtemps, surtout lorsque le montant représente plusieurs mois d’économies. La contrepartie est de devenir seul responsable de votre phrase de récupération.
Un portefeuille matériel comme une Ledger ou une Trezor supprime le risque de faillite et de piratage de la plateforme, mais crée deux risques nouveaux : la perte de la phrase de récupération et l’erreur de manipulation. Notre comparatif Ledger ou Trezor et notre guide des portefeuilles crypto expliquent comment s’y prendre. Pour le retrait lui-même, la règle du voyage européenne peut demander de prouver que l’adresse vous appartient au-delà de 1 000 €.
| Profil | Garder sur une plateforme agréée | Passer à un portefeuille personnel |
|---|---|---|
| Petits achats réguliers, montant modeste | Raisonnable | Optionnel |
| Achat et revente fréquents | Pratique | Pour la partie conservée longtemps |
| Épargne de long terme, montant important | Seulement une partie | Recommandé, avec sauvegarde soignée |
| Plateforme qui annonce sa fermeture | Non | Retrait rapide |
Les stablecoins et les euros laissés sur la plateforme sont-ils protégés ?
Pas de la même manière que les cryptomonnaies conservées. Les euros sont généralement tenus par un établissement de paiement ou de monnaie électronique, sur des comptes cantonnés, et non couverts par le fonds de garantie des dépôts bancaires. Un stablecoin dépend de son émetteur : MiCA impose une réserve séparée pour les émetteurs agréés, ce qui n’est pas le cas de l’USDT, absent du registre européen.
Depuis l’avis de l’ESMA du 8 octobre 2026, les plateformes agréées doivent cesser leurs services sur les stablecoins non conformes, hors liquidation, conversion, retrait, transfert et conservation. Si vous détenez de l’USDT sur une plateforme européenne, attendez-vous à des restrictions. La comparaison complète est sur USDT, USDC ou EURC, et le cadre légal sur notre page MiCA.
Quelle checklist suivre avant de confier ses cryptos à une plateforme ?
Avant de laisser un montant important, vérifiez cinq points dans l’ordre : l’agrément MiCA et la notification de la France dans le registre de l’ESMA, l’entité qui conserve vos actifs, la publication d’une preuve de réserves récente, la possibilité de retirer vers votre propre portefeuille et le niveau de sécurité de votre compte. Si un point manque, réduisez le montant laissé.
- Registre ESMA : société agréée et France ou Belgique notifiée.
- Conditions générales : qui conserve les cryptos (la plateforme ou un sous-conservateur) et dans quel pays.
- Preuve de réserves datée de moins de six mois, avec outil de vérification.
- Retrait crypto possible vers une adresse externe, avec frais affichés.
- Double authentification forte et liste blanche de retrait activées.
Les crypto-actifs sont volatils et cette page ne constitue pas un conseil financier. Retour à l’accueil CoinChoose en français.
Questions fréquentes
Mes cryptos sont-elles garanties si la plateforme fait faillite ?
Il n’existe pas de garantie des dépôts pour les cryptomonnaies. MiCA impose toutefois que les crypto-actifs conservés soient juridiquement séparés du patrimoine du prestataire, hors d’atteinte de ses créanciers en cas d’insolvabilité.
Une preuve de réserves suffit-elle à prouver qu’une plateforme est solide ?
Non. Elle montre qu’à une date donnée les actifs couvraient les soldes des clients, mais elle ne révèle pas les dettes, les prêts cachés ni les pertes survenues après l’instantané, comme le précise Kraken.
Que faire si ma plateforme annonce qu’elle quitte la France ?
Retirez vos euros vers votre banque et vos cryptomonnaies vers un portefeuille personnel pendant que les retraits sont ouverts, et ne transférez pas vers une plateforme non agréée.
Faut-il garder toutes ses cryptos sur une Ledger ou une Trezor ?
Pas forcément. Une solution courante consiste à garder sur une plateforme agréée le montant utile à court terme et à placer l’épargne de long terme dans un portefeuille personnel bien sauvegardé.
Le SMS suffit-il comme double authentification ?
C’est mieux que rien, mais une application d’authentification ou une clé de sécurité physique protège mieux contre le détournement de numéro de téléphone.
Registre des sources
- 01EUR-Lex : Règlement (UE) 2023/1114 (MiCA), article 75eur-lex.europa.eu
- 02FBI IC3 : North Korea Responsible for $1.5 Billion Bybit Hack (PSA I-022625-PSA)ic3.gov
- 03Kraken : Proof of Reserveskraken.com
- 04AMF : Crypto-actifs, la fin de la période de transition entre la loi Pacte et le règlement européen MiCAamf-france.org
- 05Journal du Coin : Crypto en France, trois mois après la fin des PSANjournalducoin.com
- 06AMF : Listes noires et mises en gardeamf-france.org
- 07ESMA : ESMA sets out supervisory expectations on services related to unauthorised stablecoinsesma.europa.eu
- 08Euronews : Binance suspend ses services crypto dans l'UE faute d'agrément MiCAfr.euronews.com
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